Pourquoi plus de la moitié des élèves libanais sont en difficulté en maths et en sciences, selon les données récentes

Par l’équipe pédagogique Mou3alem Mis à jour le 9 min de lecture
Mains d’adulte écrivant dans un cahier de maths sur un bureau en bois, à côté d’un manuel de sciences, d’un crayon, d’une règle et d’un graphique imprimé.
Le rattrapage en maths et en sciences commence par le niveau réel de l’élève, pas par un titre national.

Des données internationales récentes mettent un chiffre sur un problème que beaucoup de parents au Liban reconnaissent déjà.

Dans PISA 2025, seulement 31 % des élèves de 15 ans au Liban ont atteint au moins le niveau 2 en mathématiques, et 34 % ont atteint le niveau 2 ou plus en sciences. Autrement dit, environ 69 % étaient sous le niveau de base en mathématiques et 66 % en sciences.

Ces chiffres sont graves. Mais il faut les lire avec soin.

Ils ne veulent pas dire que 69 % des élèves libanais redoublent, ni que chaque élève a « baissé ». PISA mesure si des jeunes de 15 ans savent appliquer ce qu’ils savent à des situations concrètes, pas s’ils ont validé le programme libanais ou un examen officiel.

Les données ne justifient pas non plus une explication trop simple du type « ils ne travaillent pas assez ». Le problème d’apprentissage au Liban s’est construit avec des années d’école interrompue, la crise économique, l’accès inégal aux apprentissages, les fermetures du public et le conflit.

Pour les parents, la question utile n’est donc pas seulement à quel point les scores sont mauvais. C’est ce que les scores montrent vraiment, et quel type de soutien aide un élève à rattraper.

Ce que PISA 2025 a réellement mesuré au Liban

Le Programme international pour le suivi des acquis des élèves, ou PISA, est mené par l’OCDE. Il évalue la capacité des élèves de 15 ans à utiliser ce qu’ils savent en mathématiques, en sciences et en lecture.

Pour le Liban, les résultats 2025 sont les suivants :

Matière Élèves libanais au niveau 2 ou plus Élèves sous le niveau 2 Moyenne OCDE au niveau 2 ou plus
Mathématiques31 %69 %65 %
Sciences34 %66 %74 %
Lecture22 %78 %69 %

Source : OCDE — Résultats PISA 2025 : Liban

C’est aussi une correction importante par rapport à des chiffres qui ont circulé sous l’étiquette « PISA 2022 Liban ». Le Liban s’était inscrit à PISA 2022, mais la collecte des données n’a pas pu être achevée. Les résultats officiels les plus récents pour le Liban sont ceux de PISA 2025.

L’enquête 2025 a porté sur 7 382 élèves dans 270 établissements, représentant environ 56 700 jeunes de 15 ans, soit près de 90 % de cette classe d’âge. L’OCDE précise que deux gouvernorats les plus touchés par le conflit n’étaient pas couverts, même si les données ont été jugées publiables.

Cette réserve compte quand on lit un titre national.

Que signifie « sous le niveau de maîtrise minimale » ?

Le niveau 2 n’est pas une moyenne scolaire de passage.

C’est un seuil PISA de base : l’élève peut-il utiliser ses connaissances dans des situations relativement simples ?

En mathématiques, un élève de niveau 2 peut reconnaître comment une situation concrète simple se représente mathématiquement — par exemple comparer la distance totale de deux trajets ou convertir des prix dans une autre monnaie.

En sciences, un élève de niveau 2 peut reconnaître une explication correcte d’un phénomène familier et, dans des cas simples, juger si une conclusion est étayée par les données.

Un score sous le niveau 2 ne veut donc pas dire que l’élève « ne sait pas compter » ou « ne peut pas faire de sciences ».

Cela veut dire qu’il n’a pas encore montré ce niveau de base d’application autonome et de raisonnement dans l’épreuve.

Pour les parents, la distinction compte. Un enfant peut mémoriser des formules ou refaire un exercice connu en classe, et bloquer dès que le même concept apparaît sous une autre forme.

Le problème s’aggrave-t-il ?

La tendance de long terme est préoccupante, mais elle n’est pas une simple chute en ligne droite.

En PISA 2018, 40 % des élèves libanais atteignaient au moins le niveau 2 en mathématiques et 38 % en sciences. Environ 60 % étaient donc sous le niveau 2 en maths, et 62 % en sciences.

Source : OCDE — Note pays PISA 2018, Liban

En 2025, les parts atteignant le niveau 2 sont tombées à 31 % en mathématiques et 34 % en sciences.

L’OCDE ajoute toutefois une réserve majeure. Entre 2015 et 2025, une part plus large des jeunes de 15 ans est devenue éligible à PISA, parce que l’accès au secondaire s’est étendu à des élèves auparavant plus en marge.

Selon l’analyse de l’OCDE, une fois cette expansion prise en compte, la détérioration apparente change de visage : parmi les élèves plus avantagés qui auraient de toute façon été au secondaire selon l’ancien schéma de participation, les résultats en mathématiques restent proches de 2015, et s’améliorent en sciences.

Cela ne rend pas les niveaux actuels acceptables.

Cela veut dire qu’il faut éviter le raccourci selon lequel tous les types d’élèves libanais seraient devenus nettement plus faibles.

Les résultats 2025 racontent à la fois un problème d’apprentissage et une histoire d’inclusion.

Pourquoi tant d’élèves sont-ils en difficulté ?

PISA dit ce que les élèves savaient faire en 2025. Il ne prouve pas, à lui seul, pourquoi ils ont obtenu ces résultats.

Pour les causes, les études sur l’école au Liban pointent plusieurs ruptures qui se sont additionnées.

Des années d’enseignement perdues

Une analyse de la Banque mondiale de 2023 estime que les enfants des écoles publiques libanaises n’ont reçu qu’environ 270 jours d’enseignement en présentiel sur les quatre années scolaires 2019-20 à 2022-23, contre environ 600 jours attendus sur quatre années normales.

Les ruptures comprenaient la pandémie de COVID-19, la crise économique et monétaire, puis les fermetures du public et les grèves enseignantes, alors que les salaires perdaient une grande partie de leur valeur.

La même analyse estime que les fermetures liées au COVID ont coûté aux élèves du public et du privé environ 1 à 1,2 année de scolarité ajustée sur les apprentissages. Les élèves du public auraient ensuite perdu encore 0,4 à 0,5 année ajustée en 2022-23.

Ce sont des estimations modélisées, pas des mesures PISA directes. Elles donnent toutefois l’échelle de l’interruption.

Source : Banque mondiale — Pertes d’apprentissage et de revenus : fermetures des écoles publiques au Liban

La perte d’apprentissage dépasse les maths et les sciences

Le problème ne se limite pas aux matières scientifiques.

Une évaluation de la lecture en début de scolarité, citée par la Banque mondiale, a trouvé que seulement 2,8 % des élèves de 2e année évalués en 2022 montraient une compréhension écrite intermédiaire ou plus, contre 11 % en 2018.

PISA 2025 raconte la même histoire plus large chez les 15 ans : seulement 22 % des élèves libanais atteignent le niveau 2 ou plus en lecture, en dessous même des parts correspondantes en maths et en sciences.

Le défi actuel se décrit donc mieux comme un problème large de maîtrise des apprentissages, pas seulement un problème de maths et de sciences.

Le public, les inégalités

Les ruptures n’ont pas touché tous les élèves de la même façon.

L’analyse de la Banque mondiale note que les élèves du public étaient déjà en retard sur beaucoup d’élèves du privé avant le COVID-19. L’enseignement à distance a aussi été plus difficile là où les établissements et les foyers manquaient d’infrastructure, d’appareils, de connexion ou d’autres ressources.

PISA 2025 montre encore un écart socio-économique net : les élèves libanais plus avantagés ont dépassé les élèves défavorisés de 74 points PISA en sciences.

Les moyennes nationales peuvent donc masquer des vécus très différents.

Le conflit a encore interrompu l’école

Le conflit de 2023-2024 a ajouté une couche de rupture.

L’UNICEF indiquait en avril 2024 que plus de 70 écoles étaient fermées, touchant environ 20 000 élèves, surtout dans le sud du Liban.

Fin 2024, l’UNICEF rapportait que l’éducation avait été perturbée pour plus de 1,5 million d’enfants. L’année scolaire publique a commencé tard, le 4 novembre 2024, après que de nombreuses écoles ont été endommagées ou utilisées comme abris.

Source : UNICEF Liban — Rapport annuel 2024

Ces chiffres documentent la rupture. Ils ne permettent pas d’attribuer un nombre précis de points PISA au conflit.

Cette distinction compte.

Que fait le Liban pour la reprise des apprentissages ?

La réponse actuelle combine une reprise au niveau du système et des interventions plus ciblées.

Le Transition and Resilience Education Fund (TREF) a été créé en 2022 sous le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, avec l’UNICEF et des partenaires internationaux, pour soutenir l’école publique, l’enseignement, la gouvernance et l’accès.

Selon le reporting TREF de l’UNICEF, les initiatives de reprise ont notamment inclus :

Sources : UNICEF — Transition and Resilience Education Fund et UNICEF — Teaching and Learning Innovation Fund

Ce sont des investissements réels. Les parents doivent toutefois distinguer la portée d’un programme de la preuve que les niveaux nationaux se sont déjà redressés. Le Liban a encore besoin de mesures régulières dans le temps pour savoir à quelle vitesse l’écart national se referme.

Qu’est-ce qui aide vraiment un élève à rattraper ?

La recherche la plus solide sur la reprise des apprentissages ne soutient pas le simple fait de donner aux élèves en difficulté davantage du même travail.

Elle pointe vers le diagnostic, le ciblage, la répétition et un suivi régulier.

Partir du niveau réel de l’élève

La Banque mondiale recommande d’évaluer le niveau actuel et d’enseigner ce que l’élève est prêt à apprendre ensuite, plutôt que de supposer que l’âge ou la classe suffisent à dire ce qu’il maîtrise.

Le Liban a déjà testé ce principe.

Un pilote Teaching at the Right Level appuyé par la Banque mondiale a touché 3 686 élèves de 3e et 4e années dans le public. Il a été associé à une baisse nette de la part d’élèves au niveau débutant en arabe, en mathématiques et en langues étrangères.

Source : Banque mondiale — Teaching at the Right Level : une approche prometteuse pour le Liban

La leçon est simple : avant d’ajouter du contenu plus dur, identifier le prérequis manquant.

Un élève de 9e en difficulté en algèbre peut surtout avoir besoin des fractions, des rapports, des nombres négatifs ou des bases d’équation. Accélérer le programme de 9e sans réparer ce trou peut aggraver le problème.

Un soutien ciblé, en petit groupe ou en individuel

Les données examinées par l’Education Endowment Foundation indiquent que le soutien en petit groupe peut produire, en moyenne, environ quatre mois de progrès supplémentaires sur une année, avec de meilleurs résultats quand l’aide cible les besoins précis de l’élève.

Source : Education Endowment Foundation — Small Group Tuition

La recherche sur le tutorat après la pandémie suggère aussi que la fréquence et la régularité comptent.

Une étude randomisée sur un programme de tutorat en ligne pour des collégiens défavorisés a trouvé que trois heures de tutorat individuel par semaine amélioraient les résultats en mathématiques d’environ 0,20 écart-type en 2022. Cela ne veut pas dire que tout programme en ligne produira le même effet. Cela montre qu’un soutien en ligne structuré peut améliorer les apprentissages quand il est régulier et bien conçu.

Source : Carlana & La Ferrara — Apart but Connected

Vérifier si le soutien produit vraiment des progrès

Un rattrapage utile doit rendre les progrès visibles.

Les parents devraient pouvoir demander :

C’est la différence entre ajouter des heures de soutien et utiliser le soutien comme une intervention structurée.

L’approche Soutien scolaire de Mou3alem part de l’identification des besoins, plutôt que de répéter simplement le cours. Pour les mathématiques, les parents peuvent aussi consulter Soutien en maths et le suivi des progrès, pour voir si l’aide se traduit par une amélioration mesurable.

Que doivent retenir les parents au Liban ?

Les résultats PISA ne doivent pas servir à dire aux élèves qu’ils font partie d’une « génération en échec ».

Ils servent à reconnaître que beaucoup d’élèves travaillent dans un système qui a connu des ruptures extraordinaires — et que les écarts d’apprentissage s’accumulent souvent sans bruit.

Un élève en retard en maths ou en sciences n’a pas forcément besoin de plus d’heures de travail.

Il peut avoir besoin :

  1. d’un diagnostic clair des prérequis manquants ;
  2. d’un enseignement calé sur son niveau actuel ;
  3. d’une pratique régulière plutôt que de bachotage ponctuel ;
  4. de retours et de points de contrôle réguliers ;
  5. d’un soutien ciblé qui construit progressivement l’autonomie.

Les statistiques nationales sont graves. Elles ne prédisent pas le parcours d’un enfant en particulier.

La réponse utile à un écart d’apprentissage n’est pas la panique. C’est d’identifier exactement où l’écart commence, puis de le traiter de façon systématique.

C’est ainsi que la reprise redevient gérable — une compétence à la fois.

Si un élève bute semaine après semaine sur le même trou en maths ou en sciences, commencez par un diagnostic plutôt que par plus des mêmes devoirs. Réserver une évaluation pour identifier le prérequis manquant et caler un suivi structuré.

FAQ

Le Liban a-t-il participé à PISA 2022 ?

Le Liban s’était inscrit à PISA 2022, mais l’OCDE indique que la collecte n’a pas pu être achevée. Les résultats officiels les plus récents pour le Liban datent de 2025.

Quel pourcentage d’élèves libanais est sous le niveau de base en mathématiques ?

Dans PISA 2025, 31 % des élèves de 15 ans au Liban ont atteint le niveau 2 ou plus en mathématiques. Environ 69 % étaient donc sous le niveau 2.

Et en sciences ?

Trente-quatre pour cent ont atteint le niveau 2 ou plus en sciences, soit environ 66 % sous le niveau 2.

Sous le niveau 2, cela veut-il dire que l’élève a échoué à l’école ?

Non. Le niveau 2 PISA est un seuil international d’application et de raisonnement. Ce n’est pas une moyenne de passage libanaise, ni un résultat d’examen officiel.

Les maths et les sciences sont-elles les seules matières en retard ?

Non. PISA 2025 trouve une maîtrise de base encore plus basse en lecture : seulement 22 % des élèves atteignent le niveau 2 ou plus. D’autres évaluations au Liban montrent aussi des écarts importants en lecture fondatrice.

Le soutien scolaire peut-il refermer un écart ?

La recherche soutient le tutorat ciblé comme une intervention utile, surtout quand il est fréquent, calé sur les besoins de l’élève, et suivi dans le temps. Ajouter des heures ne rend pas le soutien automatiquement efficace.

Sources et lectures

Équipe pédagogique Mou3alem

Soutien scolaire en ligne structuré pour les systèmes libanais et français, avec un suivi aligné sur le programme et des progrès mesurables.

Besoin d’un diagnostic clair de l’écart ?

Réservez une séance d’évaluation pour identifier le prérequis manquant, puis caler un suivi structuré.

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